Week end à Copenhague du Climate Justice Action
« Vous entrez maintenant dans l’Union européenne » : Dernière phrase lue sur une banderole tendue entre deux totems en quittant hier soir Christiana, la communauté autonome de Copenhague. Il pleut. Mais à 20 heures passé il fait encore grand jour. Et quelques minutes plus tard le soleil brille de nouveau, si bien qu’à 21h30, on se croirait presque en plein après-midi. C’est délicieux. Mais annonciateur des difficultés à venir : dans six mois, pour le sommet du climat de l’ONU, le rapport diurne/nocturne se sera inversé. Nuit à 16h en perspective. Et il fera bien plus froid encore. Si bien que la température extérieure devient une donnée politique : délicat d’envisager de longs blocages de rue de masse dans ces conditions.

Mais pour l’instant, loin encore du théâtre de la rue, c’est entre les murs de la Fabrikken, un bâtiment de Christiana, que se retrouvent les membres du Climate Justice Action (CJA), un réseau international d’activistes du climat, pour préparer leurs actions et initiatives de décembre. C’est un espace d’actions. Plutôt qu’un contre-sommet, ils préparent un cadre commun, un espace politique, dans lequel collectifs locaux, réseaux militants, individus pourront s’inscrire pour organiser leurs actions. La définition de ce cadre est l’un des gros sujets du week end de travail. J’y reviendrai plus tard. De manière plus pragmatique, il s’agit aussi de coordonner les projets des uns et des autres afin de ne pas se marcher sur les pieds. Ce qu’à CJA on appelle joliment la « chorégraphie des actions ». Qui sont donc les membres du CJA, du moins ceux présents à Copenhague ce week-end ? Beaucoup d’Européens (Suédois, Allemands, Britanniques, Hollandais, Belges, quelques Français, des Danois bien sûr) mais aussi des Américains, Philippins, Latino-Américains, quelques Africains). Ils sont jeunes, grande diversité de profils politiques : autonomes, permaculture, camps action climat, grands réseaux internationaux comme Focus on the global south, collectifs locaux…). Une belle mixité. Sans doute autant d’hommes que de femmes. Peut-être un peu moins de femmes. Une noria d’engagements et de campagnes : La justice climatique, la sortie du pétrole, la souveraineté alimentaire, les réfugiés environnementaux, la dette écologique, la décentralisation de l’énergie… Une grosse tonalité anticapitaliste. Une culture très horizontale, très inclusive. Respectueuse des prises de paroles de chacun y compris des nouveaux venus. Et pour l’anecdote, un mystérieux groupe « NTAC »… :«Never trust a cop ».
Gros programme de travail vendredi : Présentation des réseaux en présence, premières discussions sur le cadre commun d’action, logistique et organisation…la journée fut riche, plutôt consensuel, et constructive. Le récit détaillé dans un prochain billet ! Car pour l’heure, c’est la pause après la première réunion matinale de samedi. Moment idéal pour rencontrer les uns et les autres.

Publié le samedi, 20 juin 2009, par jade dans la catégorie : Sur la route de Copenhague - Lien permanent